GACP et Joe DaGrosa attendus au tournant...


Le Maire de Bordeaux Alain Juppé et les élus locaux attendent des garanties.
Le Maire de Bordeaux Alain Juppé et les élus locaux attendent des garanties.

Alors que le changement de propriétaire des Girondins de Bordeaux doit être entériné par les élus de la métropole, ceux-ci restent encore sceptiques quant aux garanties présentées par le futur acquéreur GACP.

Tout le monde est sur le pont à Bordeaux, ce jeudi. General American Capital Partners (GACP) et son patron Joe DaGrosa, M6 et son président du directoire Nicolas de Tavernost, ainsi que les élus du conseil de la métropole se réuniront en début de soirée, aux alentours de 18 heures, pour évoquer le plan de reprise des Girondins par le fonds d'investissement américain et, éventuellement, entériner le changement de propriétaire du club.

GACP doit apporter des garanties, sur le plan financier notamment, et convaincre sur la viabilité de son projet. Pour l'instant, et c'est le moins que l'on puisse dire, c'est loin d'être fait. Interrogés par L'Equipe et Le Parisien, plusieurs membres du conseil de la métropole ont fait part de leur scepticisme. "On doit faire en sorte que le club ne tombe pas aux mains d'aventuriers", résume Pierre Hurmic, président du groupe écologiste à Bordeaux.

DaGrosa et son associé David Neithardt, qui sera également présent ce soir, devront répondre à des questions touchant à des sujets divers. Celui du loyer annuel du stade Matmut Atlantique (3,8 M€), mais aussi du montant versé dans le rachat. "À l'origine, le montant versé par GACP dans le rachat était de 20 M€. Or, dans le rapport de la DNCG, ce sont 2 M€ !", souligne Matthieu Rouveyre, élu municipal socialiste. "On a le sentiment d'une impréparation, que le discours de Mr.DaGrosa change en fonction des interlocuteurs. C'est inquiétant."

Les élus redoutent le "dépècement" des Girondins

Les dirigeants de GACP, qui n'auraient pas prévu d'effacer les dettes du club mais plutôt de contracter un nouvel emprunt auprès de leur partenaire financier, Fortress Investment, miseraient sur une hausse des recettes d'exploitation pour dégager, à terme, des profits. Mais là encore, ça ne convainc pas les hautes sphères de la métropole. "Ça me semble audacieux de mettre ça en avant alors que M6 (l'actuel propriétaire, ndlr) perdait 10 M€ par an et que les recettes liées aux partenariats et au merchandising sont actuellement en baisse", rappelle Pierre Hurmic.

L'enjeu est de taille pour les élus, qui redoutent le scénario catastrophe qui verrait GACP dans l'incapacité de rembourser ses dettes auprès de Fortress Investment. "Si ça se passe mal, c'est le fonds spéculatif (Fortress) qui récupère le club", s'inquiète Matthieu Rouveyre. "Quelle est la réalité des garanties financières offertes ?", interroge Vincent Feltesse, ancien président de la métropole. "Il ne faut pas que cela se traduise par un dépècement du club."