L'édito du stagiaire

L'OM est-il à vendre ?

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Avant hier, RMC dévoilait une partie des fameuses écoutes téléphoniques, enregistrées par la police, quant au téléphone portable du directeur sportif de l’Olympique de Marseille, José Anigo. Le technicien olympien s’y confiait alors à un ami proche, Philippe Piola, lui révélant que Margarita Louis-Dreyfus avait pour intention de vendre le club de la cité phocéenne, d’ici à 2015, année correspondant à la fin des travaux du Stade Vélodrome.

« Si tu connais quelqu’un, un jour, qui veut racheter le club, moi je sais que dans un an, un an et demi au maximum, elle va le vendre. C’est ce que m’a dit Vincent Labrune, l’autre jour. Il m’a dit de manière précise, « si un mec arrive avec 90 millions ». C’est exactement ce que Robert a mis dans le club, en réalité. Pour qu’il re-rentre dans ses sous. 94 ou 95 à peu près pour qu’il retrouve sa surface financière investie. »

Pourtant, hier matin, la principale intéressée, et propriétaire de l’Olympique de Marseille, a tenu à démentir ces informations, via une interview, accordée, en exclusivité, à France Télévision LMD.

« Je suis très satisfaite de la stratégie choisie sur le plan financier. Même si on n’a pas l’argent des Qataris, je suis contente de ce que nous faisons. Aujourd’hui, l’OM est un bon exemple en Europe dans ce domaine-là. Je regrette les déclarations médiatiques de certaines personnes de l’extérieur, qui se prétendent amis de l’OM. Mais en vérité, ce sont des faux amis qui utilisent l’image du club pour en profiter. Je n’ai pas l’intention de vendre le club »

Aussi peut-on se poser la question de la véracité des propos tenus, hier, par l’héritière de Robert Louis-Dreyfus, quant à la vente du club phocéen. Et un premier élément de réponse semble venir de la provenance des informations. A ce propos, l’annonce de la vente du club vient d’un technicien du sport, lors d’une conversation privée, qui n’aurait jamais du être entendue, alors que son démenti n’est rien d’autre que le résultat de l’interview officielle d’une femme d’affaire, dont on peut sans mal imaginer qu’elle n’hésite pas à pratiquer la langue de bois, lorsqu’elle l’estime nécessaire.


Toutefois, les procès d’intention et le renvoi, dos à dos, de deux déclarations, ne suffisent pas forcément à se forger une opinion. Aussi, un autre élément d’analyse nous permet de faire pencher la balance, du côté de José Anigo. Elément que nous puisons du côté de Vincent Labrune, l’actuel président de l’Olympique de Marseille.

En effet, et toujours selon RMC, le dirigeant phocéen aurait été aperçu plusieurs fois au moyen-orient, mais également en Chine, au cours de la dernière saison, cherchant « officiellement » à négocier un nouveau sponsor pour le maillot phocéen. Voici qui vient alors appuyer la thèse de la vente du club.

Quant à José Anigo, au bout du rouleau, il aurait déclaré, dans des propos, relayés, avant-hier, par La Provence, ne plus supporter les pressions policières, et être prêt à quitter Marseille pour le Maroc, qu’il affectionne tant.

« Je suis à bout, lassé et affecté par ces attaques ignobles et écoeurantes. Je n'ai pas l'habitude de mettre un genou à terre quand je suis sûr de moi. La justice fera son travail. Il n'y a plus personne qui va me tenir par les couilles »

Dans tout ça, ne reste alors que les supporters marseillais, qui sont peut-être les grands oubliés de l’affaire et pour qui personne n’a eu, jusqu’à aujourd’hui, le moindre mot. Finalement, entre langue de bois, accusations de malversations et challenge sportif, réduit à néant, cette saison, par le Paris Saint Germain, la revente de leur club, à un grand groupe du moyen-orient, pourrait bien s’imposer comme leur salut. Voici, ce matin, tout le mal que l’on leur souhaite.