Girondins

Les coulisses de la vente des Girondins de Bordeaux à Gérard Lopez

Charles Roger

En avril, King Street a pris la décision d’abandonner les Girondins. Le club a été racheté par Gérard Lopez, devenu président. Retour sur ces mois de montagnes russes qui ont inquiété supporters et joueurs, souvent restés dans le flou par rapport à l’avenir incertain de leur équipe.

Personne ne s’attendait à un tel tremblement de terre. Le 9 avril 2021, le fonds d’investissement King Street, présent depuis 2019, refuse de s’engager une saison de plus auprès des Girondins. Au terme de l’exercice 2020-2021, le FCGB sera donc orphelin. Cette décision est la conséquence directe du rapport de la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) de la Ligue Professionnelle de Football (LFP) exigeant de bloquer un montant égal au déficit prévu pour la saison à venir. King Street s’est retrouvé à devoir verser au total plus de 63 millions d’euros. Au final, il n’en n’a honoré que 12 millions, soit le strict nécessaire pour combler les besoins de trésorerie de la saison prochaine. Lorsque King Street décide peu de temps après de se désengager officiellement des Girondins de Bordeaux, le club est placé sous la protection du tribunal de commerce.

Gérard Lopez arrivé en sauveur

A l’époque, Gérard Lopez ne semble pas être intéressé par un rachat du FCGB. L’ancien propriétaire du LOSC vise plutôt des clubs étrangers tels que Southampton (Angleterre), Valence (Espagne) ou le Genoa (Italie). Plusieurs noms tels que ceux de Pascal Rigo ou Bruno Fievet résonnent alors, et d’autres contactent directement les Girondins comme Jean-Baptiste Aldigé (président du club de rugby Biarritz Olympique Pays Basque), ou Ravy Truchot, un homme d’affaires franco-américain. Plus d’une dizaine de noms sont ainsi retenus dans une shortlist qui leur donne accès à ce qui sera appelé en interne le « Project Navy » (comprenez le « Projet marine », comme la couleur chère au club). En attendant, le FCGB peut bénéficier des aides de l’Etat pour maintenir sa tête hors de l’eau.

Aucun des prétendants ne semble alors véritablement convaincre ni les supporters ni la direction, que ce soit pour des raisons financières ou de légitimité. C’est notamment le cas de Didier Quillot, ancien directeur général exécutif de la LFP, contre qui les supporters Marine et Blanc avaient manifesté dans les rues de la ville début juin. A ce moment, Gérard Lopez décide de formuler une première offre et se lance dans une course à la recherche de fonds. Alors que la menace d’un redressement judiciaire plane encore, l’homme d’affaire hispano-luxembourgeois présente son projet le 22 juin. En attendant sa validation, les Girondins de Bordeaux seront rétrogradés en Ligue 2 par la DNCG à titre conservatoire le 2 juillet, avant de rapidement retrouver leur place en Ligue 1 dix jours plus tard grâce aux garanties financières apportées par Gérard Lopez.

Quel avenir pour Bordeaux ?

Le FCGB s’apprête à vivre une saison 2021-2022 difficile. Si le club a été sauvé et la relégation en Ligue 2 évitée, la suite reste tout de même compliquée à gérer. Plusieurs mesures restrictives telles que l’encadrement de la masse salariale et une interdiction de recruter de nouveaux joueurs sans en avoir vendu préalablement, sont actées par la DNCG. Avec tous ces bâtons dans les roues et des mois mouvementés, c’est sans surprise que le FCGB ne figurera pas parmi les favoris en Ligue 1 la saison prochaine. Chez Betway, site de paris football en ligne, la cote de Bordeaux est au plus bas (500). A titre de comparaison, le promu Troyes est coté à 250 alors que celui de la saison dernière, Lens, est coté à 50 (chiffres du 23 juillet). De toute façon, c’est un objectif de maintien avant tout qui sera mis en avant par l’effectif bordelais dès le dimanche 8 août, date du premier match de la saison face à Clermont.

D’ici là, il est certain que de nombreux changements vont bouleverser l’effectif. Dans ses prévisions livrées à la DNCG, Gérard Lopez a prévu de se séparer de 13 joueurs pour apporter un montant estimé à 41 millions d’euros. Des noms comme celui de Ruben Prado, Otavio, Samuel Kalu, Eui-Jo Hwang ou Josh Maja sont évoqués par le site officiel de RMC Sport. Le club espère alors pouvoir les réinvestir dans de nouvelles recrues (moins d’une dizaine) qui viendront renforcer ses rangs le plus rapidement possible. Si la saison 2021-2022 de Bordeaux se jouera en Ligue 1, le FCGB a déjà un regard angoissé porté sur la prochaine.