Interview

Son avis sur la formation, son expérience, GACP : Jean-Jacques Gresser se livre (exclu MadeIn)

Jean-Jacques Gresser, l'ex-préparateur physique emblématique du centre de formation des Girondins
Jean-Jacques Gresser, l'ex-préparateur physique emblématique du centre de formation des Girondins

Arrivé aux Girondins en 1993 pour y occuper la fonction d’éducateur, Jean-Jacques Gresser est aujourd’hui un homme important de l’histoire du club au scapulaire. En 26 ans passés au Haillan, ce Bordelais pur souche a tout connu, de Mathieu Valbuena à Sékou Mara en passant par la moisson de 1999 ou encore le rachat du club par GACP en 2019.

MadeinFOOT : Pouvez-vous vous présenter ?
Jean-Jacques Gresser : "Je suis un ancien professeur d’EPS devenu éducateur puis préparateur physique aux Girondins de Bordeaux. Mon histoire avec les Girondins a débuté en 1993. À l’époque, je sortais de cinq saisons passées en tant qu’entraîneur de l’équipe première de St-Médard-en-Jalles. Aux Girondins, je me suis d’abord occupé des journées de sélections et détections. Puis, je suis entré à l’école de football le 1er août 1993. J’étais à la fois éducateur à l’école de football et entraîneur de la troisième équipe des Girondins qui évoluait alors en Division d’Honneur. J’ai ensuite pris les U15 nationaux avec lesquels l’aboutissement a été le titre de champions de France en 1999. Cette année-là, le club a vécu l’une de ses meilleures années. Nous avons aussi fêté le titre des U17 ainsi que de l’équipe première en Ligue 1. En 1998, le club m’avait proposé de devenir le préparateur physique de l’équipe première entraînée par Guy Stéphan. À l’époque, nous étions peu à avoir le diplôme en France. J’ai malheureusement dû refuser pour raisons personnelles et familiales. En revanche, nous avons ensuite créé un poste de préparateur physique du centre de formation. Je l’ai occupé de 2001 à 2019. En 2019, j’ai été mis sur la touche lors du rachat du club par GACP. J’ai finalement effectué deux ans supplémentaires à l’école privée des Girondins avant de partir à la retraite le 30 juin dernier."

Lorsque vous arrivez aux Girondins en 1993, dans quel état se trouve le centre de formation ?
"C’était un petit centre de quatre chambres de quatre. Il n’y avait que 16 joueurs. Le centre a pris une autre dimension structurelle à l’arrivée au club de M6 en 1999. Là, un nouveau centre a été construit avec 50 couchages."

Après être arrivé en tant qu’éducateur et entraîneur, vous êtes donc devenu le préparateur physique du centre, quel poste avez-vous préféré ?
"Celui de préparateur physique car cela a toujours été ma vocation. J’ai fait des études pour ça, à la faculté de médecine de Bobigny notamment. C’est un poste très intéressant qui m’a permis de faire des recherches, des tests, de peaufiner mes orientations de travail en fonction des résultats. Observer les qualités et les défauts de chacun pour pouvoir ensuite planifier puis mettre en place ce vers quoi on veut que le joueur et l’équipe aillent, j’ai toujours trouvé ça passionnant."

Vous occupiez-vous de toutes les catégories du centre ?
"Oui. Pendant dix-huit ans, j’étais le seul préparateur physique du centre. Des U15 à la réserve, j’avais onze séquences d’entraînement dans la semaine avec une planification précise par cycle de travail. On faisait selon l’objectif et les besoins de la semaine avec chaque catégorie. Jusqu’à ce que les garçons aient fini leur croissance, le travail physique se découpait en trois points : un travail d’aérobie avec ballon sous forme intégrée, un travail de motricité avec et sans ballon et un travail de vitesse et vivacité. C’était des séquences de vingt-cinq minutes trois fois par semaine. Le reste du temps, je convoquais les U19 et les garçons de la réserve pour faire un travail individualisé selon les besoins de chacun. Cela pouvait être du renforcement musculaire, de l’assouplissement, etc…"

Comment gère-t-on les différences et décalages physiques entre les joueurs dans une catégorie comme celle des U15 ?
"À 15 ans, les garçons sont en période de puberté. Il faut s’occuper de l’âge physiologique plutôt que de l’âge chronologique. Certains sont en avance, d’autres en retard. Cela nous pousse à réaliser un travail spécifique pour chacun. Chez les U15, la musculation s’arrête à l’antéversion, la rétroversion, le placement du dos et le gainage. Tant qu’ils n’ont pas passé le pic de croissance, il n’y a pas de charges. Certains grandissent très vite, d’autres moins. Les principales différences se situent au niveau de la motricité. Il faut faire des parcours distincts. Si lorsque vous placez de la même manière les cerceaux pour un jeune très grand que pour un petit, la distance ne sera pas la bonne pour le petit auquel cas il risque de se blesser au niveau du pubis et des adducteurs."

Justement, avez-vous le souvenir de vous être dit pour un joueur qui était en retard physiquement "c’est dommage car lorsqu’il se sera développé, ce sera un monstre" ?
"C’était le cas Pierre Lees-Melou (Norwich) qu’on a hésité longtemps à laisser partir. En préformation chez nous, c’était un très bon footballeur mais il était en retard sur le plan morphologique. Il s’est développé sur le tard. Il a même joué en Division d’Honneur au Cap Ferret avant de se faire repérer par Dijon. À Dijon puis à Nice, il s’est affirmé comme une valeur sûre de Ligue 1 avant de partir pour un nouveau challenge en Premier League à Norwich."

Quelle était la politique du club par rapport à ces joueurs en retard physiquement ? En France, l’exemple d’Antoine Griezmann qui a souffert longtemps de son gabarit est souvent évoqué…
"Ce n’est jamais clair, net et précis. Il faut faire des choix. Il y a toujours un problème de place. Lorsqu’on a quinze joueurs à garder, on hésite toujours entre le treizième, le quatorzième, le quinzième, le seizième et le dix-septième. C’est comme en sélection. Un choix a dû être fait. Parfois, il y a des regrets, parfois non. Cela fait partie du métier, il n’y a pas de vérité absolue. À ce moment-là, on leur dit souvent que la vie ne s’arrête pas aux Girondins de Bordeaux. « Continuez à travailler et à progresser et vous aurez peut-être votre chance dans un autre club ». C’est ce qui est arrivé pour Pierre Lees-Melou mais aussi pour Mathieu Valbuena quelques années plus tôt."

Vous souvenez-vous de Mathieu Valbuena au centre ?
"Bien sûr ! Je l’ai eu en U15. C’était ma dernière équipe en tant qu’éducateur, la génération 1984 de Rio Mavuba et Marouane Chamakh notamment."

Ces trois-là ont réalisé de très belles carrières, la génération 1984 est-elle la meilleure avec laquelle vous avez travaillé au centre de formation ?
"Tout dépend si on parle de résultats ou pas. La meilleure génération avec laquelle j’ai travaillé au centre est la 1983 puisqu’on a été sacrés champions de France. On a terminé premier de notre poule avant d’éliminer Auxerre, St-Étienne, Lyon et Le Havre en phase finale. Avec les 1984, en 2000, la dernière année où j’étais entraineur, on a fini premier ex-aequo en poule avec Rennes. Rennes était meilleur que nous au goal-average particulier, ce qui nous a empêché de disputer les phases finales. Ça s’est joué à un fil pour pourquoi pas être champion de France une deuxième fois d’affilée. Quoiqu’il arrive, vu les carrières qu’ont ensuite fait Rio (Mavuba), Marouane (Chamakh) et Mathieu (Valbuena), c’est une réussite."

Adolescent, Marouane Chamakh était-il déjà exceptionnel ?
"C’était un bon joueur. Il arrivait du Sport Études de Miramont-de-Guyenne. Il est arrivé en fin d’année. Il a joué surtout l’année d’après. Je me souviens que Patrick Battiston était fasciné par sa capacité à être ultra-efficace. Son ratio temps de jeu-buts marqués était impressionnant."

Malgré qu’il soit très difficile de tirer des plans sur la comète, y-a-t-il un joueur pour lequel vous vous êtes dit : "Celui-là signera professionnel." ?
"On peut se le dire à un moment donné mais c’est impossible d’être sûr de quoi que ce soit. Il n’y a pas de vérité. C’est toujours facile de dire "j’avais dit que lui serait pro" après-coup. Nous ne sommes pas Madame Irma. Il y a des profils qui ne trompent pas, des profils sérieux, travailleurs. Par exemple, on sait que depuis très jeunes, Jules Koundé et Aurélien Tchouaméni sont deux garçons sérieux, travailleurs et surtout passionnés. Ils ont toujours été très investis."

Durant vos 26 saisons passées au centre, y-a-t-il un joueur qui vous a marqué tout particulièrement ?
"J’admire ce qu’ont accompli Paul Lasne et Damien Da Silva. Ce sont d’ailleurs deux garçons avec qui je suis encore en contact. Ces deux-là ont fait preuve de ressources mentales exceptionnelles. Ils avaient certainement moins de talent que d’autres mais ils voulaient absolument réussir et ont énormément travaillé pour y arriver. Damien est parti des Girondins pour aller à Niort. Là-bas, ils ne l’ont pas gardé. Il a rebondi en National à Rouen puis s’est fait repérer par Clermont. Caen est ensuite venu le chercher, puis Rennes et enfin Lyon, à 33 ans. Depuis Rouen, chaque club a été une étape supplémentaire. À Lyon, c’est un peu plus difficile mais son parcours est extraordinaire. De toute façon, il n’y a pas de secret. Pour aller au plus haut niveau et y rester, il faut beaucoup de détermination."

Et en termes de talent, bien que ce soit assez abstrait, qui est-ce qui vous a le plus impressionné ?
"Techniquement, Illan Kebbal était très impressionnant. Il disposait également d’un volume de jeu très intéressant. Malheureusement, selon moi et ce n’est qu’un avis personnel, du temps de son passage aux Girondins, il n’était pas assez rigoureux et investi."

Entre 1993 et 2019, on imagine que le rapport au travail physique chez les jeunes a énormément évolué. Comment prépare-t-on un jeune joueur au football d’intensité d’aujourd’hui ?
"Je dis souvent que le football va de plus en plus vite dans des espaces de plus en plus réduits. Au-delà d’une excellente technique, il est obligatoire d’avoir une condition physique irréprochable pour pouvoir répéter les efforts en permanence. Cela sollicite une grande puissance musculaire et physiologique. L’objectif du préparateur physique doit être de faire atteindre à son joueur une puissance physiologique maximale. Pour ce faire, on avait une planification très précise avec des tests et des objectifs très précis. En dehors des périodes de préparation, je travaillais sur des cycles de trois semaines. Nous faisions d’abord trois semaines sur la puissance musculaire, une semaine sur la régénération, trois semaines sur la puissance physiologique puis une semaine de récupération avant de finir par trois semaines sur la vitesse. La vitesse est déterminante. Toutefois, il faut faire très attention à individualiser le processus. Ce qui est fait avec un joueur ne conviendra pas forcément à un autre joueur. Tout le monde n’encaisse pas de la même façon des exercices, etc… Chacun a ses besoins. La préparation physique est un sujet aussi vaste que complexe."

Un joueur vous a-t-il marqué par sa force physique et sa capacité impressionnante à enchaîner les efforts ?
"Pas particulièrement même s’il est vrai que Rio Mavuba était très impressionnant de ce point de vue-là. Rio disposait d’une force physiologique impressionnante. Pourtant, ce n’était pas une force de la nature au sens premier du terme comme pouvait l’être un Paul Baysse. Paul Baysse est quelqu’un de très fort sur le plan musculaire et morphologique."

Toujours par rapport au travail physique, ces dernières années, on constate chez certains joueurs une prise de volume musculaire qui semble ensuite empiéter sur l’agilité et la vivacité. Que pensez-vous de ça ?
"Je disais toujours qu’il ne faut pas confondre culturisme, haltérophilie et musculation. Le culturisme désigne la manière de se faire des beaux muscles pour être beau. Cela revient à dire la gonflette en termes péjoratifs. L’haltérophilie, c’est celui qui se donne la plus grosse charge possible. Le footballeur n’est quant à lui pas obligé d’avoir des grosses cuisses pour avoir de la puissance. Il faut faire un travail de musculation adapté à chaque joueur en fonction de sa charge maximale. Les cinq composantes de la préparation physique sont l’endurance, la vitesse, la force, la détente et la souplesse. Dans ces cinq composantes, il faut qu’on ait des tests afin de savoir en temps réel où en est le joueur afin de planifier en conséquence son programme de travail."

En termes de rapport à l’effort, constatez-vous une évolution au niveau du rapport au travail entre les générations d’il y a vingt ans et celles d’aujourd’hui ?
"Je ne sais pas si c’est un phénomène de société mais de manière générale, les jeunes n’ont plus le même état d’esprit. Aujourd’hui, le problème vient de l’environnement. Il n’y a rien qu’à voir l’âge auquel les agents démarchent les joueurs. Tout se fait très tôt, trop tôt. Dès que le joueur a quelques qualités, papa et maman pensent qu’il va être champion du monde, tout le monde veut être sur la photo de la famille et pense que beaucoup d’argent va arriver. Le garçon a beau avoir le jeu et le football en tête, l’environnement pense toujours à autre chose. Forcément, ça lui monte la tête. On pense aussi trop qu’on va réussir sans faire d’efforts. Personnellement, j’ai trois devises : travail, travail et travail. Tous les joueurs qui sont au plus haut niveau ont travaillé et ont eu un état d’esprit particulier. Les autres ne durent pas. Ils peuvent réussir mais ne durent pas. Il y a vingt ans, ça ne se passait pas comme ça."

Au niveau de l’hygiène de vie, constatez-vous également une dégradation ?
"On n’est pas au courant de tout mais oui, on constate une dégradation. Mc Do est ouvert à tout va, pareil pour les kebabs et il y a une pizzeria à tous les coins de rue. Quand le jeune arrive en réserve, souvent, il prend un appartement. C’est donc à lui de se faire à manger le soir. Or, se faire à manger demande un effort. La solution est simple, je vais chercher un McDonalds, un kebab ou une pizza. Dès que cela devient habituel, cela pose un problème à un moment ou à un autre."

Pourtant, il se dit par exemple que déjà en 1998, bon nombre de champions du monde en fumaient…
"Ces garçons-là aimaient faire la fête aussi mais ils étaient beaucoup plus sérieux. Ils faisaient la fête régulièrement mais pas de façon permanente. J’ai par exemple eu la chance de côtoyer Bixente Lizarazu ou Alain Roche. C’était des garçons sérieux avec une hygiène de vie. C’était de "vrais sportifs". Si l’entrainement invisible n’est pas respecté, ça entraîne des blessures."

En arrivant, GACP a remis en cause la façon de travailler au centre de formation. Que pensez-vous de ça ?
"Il y a deux choses que je déteste entendre dire. Premièrement, au niveau du recrutement, même si je n’ai pas les statistiques, je sais qu’un gros pourcentage de joueurs est issu de la région. J’en parle souvent avec Patrick Battiston et Yannick Stopyra, respectivement directeur du centre et directeur du recrutement. Deuxièmement, il est vrai que certaines personnes aigries, jalouses ou qui voulaient prendre les places ont beaucoup dit que ça ne travaillait pas assez à la formation. Je peux vous dire qu’avec des garçons comme Philippe Lucas, Jean-Luc Dogon ou Patrick Battiston, ça a toujours beaucoup travaillé à la formation. Quand je vois la planification qu’on avait, ça ne plaisantait pas. Je me suis par exemple longtemps battu pour qu’à Bordeaux, chaque joueur ait son cardio-fréquencemètre, ce que je suis arrivé à obtenir. Il y a très longtemps qu’on étudie les courses. Je fais des tests depuis 1994 avec les joueurs. On a évolué avec le temps.
Toutefois, GACP a détruit en partie la formation des Girondins en incorporant des éducateurs pour lesquels je n’emploierai pas de qualificatif par respect pour l’être humain. Je dirai simplement qu’ils n’avaient aucune compétence en termes de football ni aucune éthique par rapport aux Girondins de Bordeaux. Ils ont eu de la chance que le Covid arrive. Sinon, la réserve et les U19 étaient rétrogradés et redescendaient au niveau régional. Ils ont aussi fait venir des joueurs tous azimuts dans l’objectif de faire du trading. Là non plus, ça n’a pas marché. Quand on parle de compétences d’entraîneur, on parle aussi d’une connaissance de l’activité, des exigences du haut niveau, des joueurs. On ne récupère pas comme ça des joueurs à l’aveuglette. Ça demande des critères chez le joueur et chez les gens qui recrutent.
Aujourd’hui, tranquillement, l’académie est en train d’être reconstruite. Personnellement, même si j’ai officiellement quitté le club, je donne parfois un petit coup de main. Pour ce qui est des professionnels, on ne s’en occupe pas mais la reconstruction est plus difficile."

Aujourd’hui, où en est la situation ?
"Le centre revient sur la bonne voie. Nous l’étions avant, en témoignent les Koundé, Tchouaméni, etc... Depuis, nous n’avons sorti personne. Pourtant, ils ont fait venir du monde. Il n’y a que Sékou Mara qui nourrit des espoirs. Mais il faut le laisser venir. Il est né en 2002, il faut encore lui laisser du temps. Là, il a de plus en plus de temps de jeu chez les pros. Contre Nantes, j’ai trouvé qu’il avait fait de bonnes choses. Il est sur la bonne voie."

Ces dernières années, même dans un Bordeaux moyen, plusieurs jeunes joueurs aujourd’hui affirmés ailleurs n’ont pas eu forcément leur chance aux Girondins. Que pensez-vous de ça ?
"Normalement, dans une vraie équipe de Bordeaux, c’est très dur pour les jeunes de rentrer tout de suite titulaire chez les pros. Aujourd’hui, on voudrait qu’un jeune de 19 ans joue comme un joueur de 26 ans. Ce n’est pas possible. Pour prendre l’exemple d’un Christophe Dugarry, on n’a pas entendu parler de lui avant qu’il ait 25/26 ans. Sékou Mara a aujourd’hui 19 ans, ce qu’il fait est très bien. S’il continue comme ça jusqu’à 26 ans, ce sera peut-être un Christophe Dugarry. Il faut laisser faire les choses. Nos jeunes ne peuvent pas devenir tout de suite des joueurs importants chez les pros. Il faut les incorporer doucement, leur donner un peu de temps de jeu."

Par rapport à ça, quelle relation avait un Paulo Sousa avec la formation ?
"Il avait sa ligne de conduite, son idée. Il n’y avait pas vraiment de relation avec la formation."

Durant votre passage au centre, quel est l’entraîneur des pros avec qui il a été le plus agréable de travailler ?
"Personnellement, j’ai vraiment pu travailler avec deux entraîneurs : Willy Sagnol et Jocelyn Gourvennec. Les deux fois, c’était pendant que le préparateur physique titulaire Éric Bédouet s’occupait de l’Équipe de France à la Coupe du monde 2014 et à l’Euro 2016. Sinon, j’ai aussi beaucoup aimé travailler avec Slavo Muslin lors de son passage à la tête de l’équipe première en 1995-1996. À l’époque, j’avais l’équipe 3 en Division d’Honneur. Faute de résultats, il s’est fait prendre la place par Gernot Rhor qui était jusqu’alors l’entraîneur de la réserve."

Vous n’avez jamais eu envie d’être préparateur physique chez les pros ?
"En 1998, quand j’ai refusé le poste, Élie Baup est venu en tant qu’adjoint de Guy Stéphan. Il a ensuite pris la place de Guy Stéphan. Il a alors fait venir Éric Bédouet avec qui il avait été en stage à Clairefontaine. En 1998, ai moment où j’ai refusé pour des raisons familiales, j’avais dit « dans 3/4 ans, si jamais on me propose, je prendrai la place. » Finalement, Éric (Bédouet) est resté pendant vingt ans. Nous n’avons jamais été en guerre avec Éric. La preuve, lorsqu’il partait avec l’Équipe de France, c’est moi qui prenais sa place et dès qu’il revenait, je retournais à la formation comme c’était entendu entre nous."

Crédit photo : formationgirondins.fr