L'édito du stagiaire

Le podium de la Ligue 1 est-il vraiment établi ?

Antho le stagiaire

On évoquait déjà l’idée, la semaine dernière. Le match pour la troisième place nous semblait relancé et l’on réfléchissait alors aux possibilités des différents concurrents de l’Olympique de Marseille quant à se l’arracher. Aujourd’hui et au terme d’une 27ème journée de Ligue 1 complètement folle (si ce n’est sportivement, au moins en terme de story telling), la question s’étend. Et c’est le podium, dans sa globalité, que nous réfléchissons à remettre en cause, ce matin. Aussi, attaquons-nous, en premier lieu, à son plus gros morceau, le Paris Saint Germain.

Samedi, vers 18h50, Philippe Kalt sifflait la cinquième défaite du club de la capitale, cette saison. Et, comme deux semaines auparavant, cette défaite avait lieu face à un club luttant âprement pour son maintien. Une situation plutôt ridicule, tant le match livré par les hommes de Carlo Ancelotti fût inqualifiable. Aucun joueur n’évoluait sur le même tempo et leurs déchets techniques, notamment en terme de passes fût particulièrement crispant pour tout amateur de fluidité sur le terrain. Toutefois, le directeur sportif du club, Leonardo, trouva une excuse à ses joueurs, passablement méprisante à l’encontre la Ligue 1 et qui enflamma rapidement le web.

"On a créé une équipe pour jouer plus la Ligue des champions que le championnat. On ne sait pas encore comment appréhender des matchs où la situation n'est pas facile, où le terrain est difficile et qu'on a un match important dans trois jours... Les matchs qui sont basés sur le combat, sur le fait de courir. Notre équipe est faite pour jouer de manière différente".


Aussi et même si l’explication du brésilien a pu sembler fantasque, au vu du rythme qu’a tenu, jusqu’ici, le Paris Saint Germain, en championnat, on peut toutefois légitimement se demander si l’effectif parisien, qui mène encore trois compétitions de front et a du composer avec quelques blessures, aura encore le jus nécessaire, pour remporter son trophée, en mai. Bien parti en Ligue des Champions, les rouges et bleus risqueraient alors de négliger un championnat de France qui reste pourtant serré, notamment en rapport à des lyonnais qui, s’ils n’avaient pas fauté, face à Brest (1-1), seraient revenus à égalité de points avec le Paris Saint Germain.

Des lyonnais qui, quant à eux, ont bien failli payer leur inconstance, au mois de janvier, mais qui reviennent bien. Aussi et à l’image de leur solidarité retrouvée, les imaginer prendre la place de Paris, alors que seulement deux points séparent les deux clubs, au classement, apparaîtrait comme tout à fait cohérent au moindre nouvel écart des hommes d’Ancelotti. D’autant que l’Olympique de Marseille ne semble plus vraiment en embuscade, quant à viser une qualification directe en Ligue des champions.

Malmené face à des troyens, pourtant 19ème de la ligue 1, les phocéens s’en sont, encore une fois, tirés grâce à leur chance légendaire, ce qui ne masquera pas, pour autant, leur double défaite, la semaine dernière, face au Paris Saint Germain. Complètement à la rue, on les imagine rapidement se faire déloger par des stéphanois, dont le goal average plaide nettement en leur faveur (23 buts les séparent de l’OM : +25 ; +2).

Et, en effet, les hommes de Christophe Galtier vivent leur plus belle saison, depuis leur remontée en Ligue 1, il y a bientôt dix ans, et découvriront le Stade de France, pour la première fois de leur histoire, à l’occasion de la finale de la Coupe de la Ligue, le 20 avril, face au Stade Rennais. En outre, l’AS Saint-Etienne est le seul club en Europe, avec le Bayern Munich et Manchester United, à n’avoir pas perdu le moindre match en 2013. Une statistique qui effraie, côté olympiens, dans le Rhône comme dans ses Bouches.

Passionnante, dans la lutte pour le maintien, que se livre encore huit équipes, (dont les deux clubs corses, qui se sont vu pénalisés par cinq cartons rouges, ce week-end, lors de leur derby), cette saison de Ligue 1 l’est aussi dans la course à l’Europe de ses outsiders, que sont l’OGCN, LOSC et le MHSC, mais également, donc, dans ses plus hautes sphères, qui restent aujourd’hui particulièrement indécises. Toutefois, un premier élément de réponse, quant à cette énigme, que devrait être le podium, en fin d’exercice, pourrait nous être livré dimanche soir, dès 21h, à l’occasion d’un OL-OM, digne des plus grands sommets pré-européens.